Presse 2016

Critique du CD French Resonance dans Classica : 4 étoiles (Magazine Classica de mars 2016)
par Jacques Bonnaure :

« Bien qu’inédit, le couplage entre les deux sonates de Gabriel Pierné et Louis Vierne va de soi (…)
Elsa Grether s’était fait remarquer par un CD consacré à Ernest Bloch pour Fuga Libera. A nouveau, elle s’impose comme une violoniste de premier plan en parvenant à concilier deux impératifs, la légèreté du son et une réelle puissance orchestrale,  indispensable pour faire face à une partie de piano souvent chargée. Elsa Grether y parvient sans brutalité, déployant un son toujours élégant et une ligne bien dessinée, sans empâtement du son, dans la lignée d’une école franco-belge modernisée. Le partenariat avec François Dumont fonctionne très bien et il se traduit dans les mouvements vifs, particulièrement dans le finale de Pierné et les mouvements extrêmes de Vierne, par un élan à la fois exalté et contrôlé.
La sonorité est personnelle et intéressante, jamais complaisante ni superficiellement hédoniste. Les deux brèves pièces de Fauré, dont la transcription de la mélodie « Les Berceaux », achèvent le programme sur un charmant sourire ».

Critique du CD French Resonance dans Diapason : 5 Diapasons (Magazine Diapason de mars 2016)
par Jean-Michel Molkhou
« Elsa Grether confirme les qualités de jeu et d’inspiration qui nous avaient tant séduits dans son premier disque consacré à Bloch. Des lignes qui respirent, des timbres soyeux, en parfaite connivence avec le clavier imaginatif et maîtrisé de François Dumont (…) animent une lecture particulièrement poétique des deux sonates.
Ce violon au legato élégant et au vibrato mesuré, chambriste dans l’âme, nuance également deux courtes pages de Fauré, ô combien délicieuses. Un programme original et fort bien défendu. »

Critique dans Musicologie.org, Récital violon seul, Eglise Saint-Hubert,de Viserny (Côte d’Or), le 6 mars 2016

Aimer à n’en savoir que dire…Elsa Grether à Viserny

Les averses de neige et le froid n’ont pas dissuadé le public : l’église et sa tribune sont pleines à craquer. L’invitée de l’ultime concert de cette saison n’est autre qu’Elsa Grether, jeune violoniste, déjà renommée, dont le dernier enregistrement est salué unanimement par la critique. Le défi est d’autant plus grand que le récital est particulièrement ambitieux, consacré au violon seul.La célèbre, et toute aussi redoutable, chaconne de la 2èmepartita en ré mineur, de Bach, ouvre le concert. D’emblée, la plénitude séduit, avec des graves profonds, ronds, une sonorité pleine et colorée. Les polyphonies y sont magistralement illustrées, et l’on se prend à penser que Milstein, que l’on retrouvera en fin de concert, n’aurait pas désavoué cette interprétation qui permet de placer Elsa Grether parmi les meilleurs violonistes de notre temps.

Métal Terre Eau (1983) de Tôn-ThâtTiêt, est une pièce forte, toute aussi exigeante, d’une énergie singulière. Riche de ses racines orientales et de son ancrage contemporain, elle parle d’emblée à tous les publics par sa langue originale, sa force expressive et sa magie. Comme l’a rappelé la violoniste dans sa brève introduction, ce sont les sonates et partitas de Bach qui ont suscité la composition par Eugène Ysayë de ses six sonates pour violon seul. La troisième, « Ballade », sans doute par référence à Chopin, dédiée à Enesco, en adopte la liberté et le caractère roumain. Faisant appel à une virtuosité transcendante, son lyrisme est perceptible dès le récitatif qui l’ouvre. A son écoute, on est ivre de violon, d’une ivresse grisante sans que la soif inextinguible cesse. La sonate « Monologue » de Khatchaturian, bien que diabolique, paraît sage en comparaison (le compositeur était pianiste et corniste). Dédiée en 1975 à son créateur, Viktor Pikaisen, elle est imprégnée comme toute son œuvre d’éléments des folklores transcaucasiens, arméniens en particulier (modes, harmonies, rythmes). Un charme étrange, un lyrisme singulier, servis par la virtuosité.

Le nom de Nathan Milstein reste associé à ses enregistrements des sonates et partitas de Bach. Il a résumé sa technique magistrale dans une œuvre tardive (1954), Paganiniana. Ces sept variations sur le thème bien connu du premier caprice de Paganini permettent à l’interprète de faire montre de toutes les ressources de son instrument. Si la dernière, la plus ample, est la plus spectaculaire, la précédente, dépouillée, toute en sixtes, séduit le plus : amoroso.

Elsa Grether est un nom à retenir : la pureté de son jeu, son élégance, sa vigueur, sa poésie et son éloquence, toujours contrôlée lui promettent une brillante carrière. Les applaudissements nourris d’un public enthousiaste appellent un bis. Répondant en quelque sorte à la chaconne d’ouverture, ce sera l’andante de la 2ème sonate pour violon seul de Bach. Une sérénité souriante pour conclure ce moment inoubliable.

 


Concert du Nouvel An en soliste avec l’Orchestre Symphonique de Mulhouse sous la direction de Claude Schnitzler :

« Les trois invités de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse ont ravi le public de l’Aronde lors du concert du Nouvel An. […] Le programme musical était splendide, illuminé par deux jeunes musiciennes de très grands talents, la violoniste Elsa Grether et la soprano Rocio Perez. Toutes les deux ont réalisé une très grande performance musicale. La violoniste a sublimé l’Introduction et Rondo Capriccioso pour violon solo et orchestre de Camille Saint-Saëns. Une composition de la période postromantique que la violoniste qualifie “d’une pièce à caractère très technique qui incarne le charme de l’esprit français.” Pièce que la jeune violoniste a interprétée pour la première fois. Les connaisseurs ont apprécié. […] »

« Elsa Grether s’est magistralement attaquée à l’Introduction et Rondo Capriccioso  op28 pour violon solo et orchestre de Camille Saint Saëns »

A.V., Enchantement musical à l’Aronde, Dernières Nouvelles d’Alsace, 5 janvier 2016

« Deux femmes ont créé la surprise et apporté de la fraîcheur à la soirée. La soprano Rocio Perez […] était parfaitement à son aise dans Offenbach […]. Autre jolie surprise, la prestation de la violoniste Elsa Grether, concertiste d’origine mulhousienne dont la renommée va croissant. Elle a interprété avec beaucoup de finesse l’introduction et le rondo de l’op. 28 de Saint-Saëns pour violon et orchestre. […] »

Jean-Claude Ober, L’OSM à l’heure viennoise, L’Alsace, 6 janvier 2016

 


 

Critique du CD « French Resonance » dans Resmusica par V Okada, le 23 janvier 2016

« Elsa Grether et François Dumont magiques dans Pierné et Vierne

Avec « French Resonance », Elsa Grether et François Dumont sont irrésistibles dans les rares sonates pour violon et piano de Pierné et de Vierne, respectivement de 1901 et 1908.

Pour Elsa Grether, ces sonates sont des œuvres majeures méritant de figurer au grand répertoire. Gabriel Pierné dédia son opus 36 à Jacques Thibaud, alors que ce furent Eugène Ysaÿe et Raoul Pugno qui commandèrent à Louis Vierne une sonate pour violon et piano en 1906. La sonate de Pierné, fleurie, parfumée, lumineuse, élégante, tourbillonnante jusqu’aux vertiges (écoutez la fin du magnifique troisième et dernier mouvement qui ne semble jamais marquer la note finale !), caractérisée par ces arabesques mélodiques qui font parallèles aux chevelures ou aux motifs végétaux de l’art nouveau ; celle de Vierne, plus austère, plus « classique » par sa facture (quatre mouvements, deux thèmes à caractère opposé dans le premier mouvement ainsi qu’entre les deux premiers mouvements), mais tout aussi expressive. Dans le texte accompagnant l’enregistrement, Claude-Henri Joubert compare l’« Andante sostenuto » de cette dernière avec la sonate de Vinteuil de Proust : « secrète, bruissante et divisée, la phrase aérienne et odorante qu’il aimait »… En effet, la référence est judicieuse. Le programme est complété par deux petits « bijoux » de Gabriel Fauré, ce qui constitue ainsi dans l’ensemble un beau panorama de la musique pour violon en France au tournant des deux siècles.

L’interprétation est tour au tour passionnée, délicate, rêveuse, dramatique, paisible, exprimant tourment et apaisement, musicaux et psychologiques, dans un style tantôt épanoui tantôt introverti que les deux musiciens maîtrisent à merveille. L’enthousiasme à la limite de la folie du violon, est idéalement soutenu par le piano qui a la même excitation mais garde une certaine froideur, créant un équilibre que l’on peut qualifier de magique.

La prise de son très homogène et le léger retrait du piano par rapport au violon confèrent un charme irrésistible à cet enregistrement parfaitement réussi. »


Critique sur Wunderkammern.com, par JC Pucek, 31/01/2016

« La fraîcheur et le feu »

« Pour rendre pleinement justice à ces partitions à l’humeur bien différente mais toutes d’un grand raffinement, il fallait des interprètes qui parviendraient à trouver le parfait équilibre entre enthousiasme et subtilité ; il est peu de dire qu’Elsa Grether et François Dumont nous comblent sur ce point et la lecture qu’ils nous offrent est, de bout en bout, une indiscutable réussite. L’engagement des deux musiciens ne connaît pas le moindre moment de relâchement et l’on se plaît à entendre ces personnalités visiblement bien trempées dialoguer avec une évidente complicité sans jamais que l’une ou l’autre cherche à monopoliser l’attention.

Outre sa fougue, un des atouts majeurs de cette interprétation qui en compte de nombreux, est son refus de toute forme de sentimentalité, ce qui donne encore plus de force aux sentiments qu’elle exprime. Par sa maîtrise du vibrato, toujours dosé avec pertinence pour ne jamais engluer la ligne, par sa tenue et son absence d’emphase déplacée, le jeu de violon d’Elsa Grether me fait songer à celui d’Isabelle Faust (ce qui n’est pas un mince compliment sous ma plume) avec peut-être un soupçon de chant et de tendresse supplémentaire ; il me semble, à bien des égards, exemplaire de la façon dont doit sonner la musique française, ou du moins de ce que j’en attends : de la densité sans aucune lourdeur, de l’élégance dénuée de toute afféterie, une flamme d’autant plus brûlante qu’elle n’oublie pas la pudeur. Je pourrais reprendre les mêmes mots pour qualifier la prestation du pianiste François Dumont qui se montre un partenaire idéal avec son jeu à la fois délié et dense offrant un large éventail de dynamiques parfaitement maîtrisées, une grande précision du toucher et une très belle palette de couleurs qui lui permet de susciter des atmosphères voire des paysages extrêmement évocateurs. Lui aussi me semble privilégier la netteté du trait plutôt que l’estompe ou l’aquarelle et les œuvres y gagnent indéniablement en impact mais aussi en poésie.

Fermement uni dans son désir de présenter ces partitions sous leur meilleur jour, et aidé dans cette tâche par une prise de son une nouvelle fois irréprochable d’Aline Blondiau, ce duo ne craint ni l’ampleur, ni le murmure, ni la douleur, ni la douceur ; il sait exalter les nuances et les saveurs de ces pages sans brusquerie et sans langueur, avec une indéniable sensibilité et une véritable intelligence.

Voici donc un disque que nul amateur de musique française ne saurait ignorer (…)


 

Critique du CD « French Resonance » dans Discophilia par JC Hoffelé

« Pourquoi la Sonate en ré mineur de Gabriel Pierné figure-t-elle si peu aux répertoires des violonistes ? Ecrite alors que le XXe siècle commençait, crée par Jacques Thibaud le 23 avril 1901, ce poème en trois mouvements déploie des atmosphères prégnantes, et exige de l’archet une longueur infinie où peuvent se déployer les volutes d’une écriture pétrie de symbolisme. On n’a jamais été aussi près d’une transposition en musique de l’Art Nouveau, jusque dans l’harmonie profuse qui distille des lumières de vitrail.

Tout cela, Elsa Grether le dit de son violon intense, qui ne craint pas la virtuosité terrible d’une écriture complexe, ni d’ailleurs d’en outrepasser la beauté formelle pour y faire entrer des caractères, une tension, une fantaisie que le piano orchestral de François Dumont pare d’une sonorité pleine, si suggestive. Ils vont plus loin dans l’étrange beauté de cet opus que jadis Gérard Poulet et Noël Lee, c’est dire.

Face à cette œuvre solaire, placer le long flot romantique de la Sonate que Vierne écrivit pour Ysaÿe est un défi. Elsa Grether doit abandonner le jeu de haute fantaisie convoqué par Pierné pour animer ce vaste récitatif, comme ininterrompu malgré les quatre mouvements, où tout un kaléidoscope d’émotions se bouscule. L’archet parle sous ses doigts, et le piano alerte, allusif, subtil de François Dumont donne des arrière-plans dramatiques qui enserrent ce violon sans jamais l’étouffer, secret de cet équilibre délicat sans lequel l’œuvre perdrait et son sens et son impact.

En complément, deux brèves pièces que Gabriel Fauré ne destina pas initialement au violon, mais où Elsa Grether chante de son archet subtil. Disque parfait qui appelle une suite : confronter les Sonates de Guillaume Lekeu et de Georges Antoine serait une idée. »


 

Critique du CD « French Resonance » dans le journal Le Soir à Bruxelles par Serge Martin

« Enfin un récital de musique française pas comme les autres.

Fauré certes, mais dans le genre délicieux (la Romance op. 28 et Les Berceaux op. 23 n° 1), ouvre la porte à deux grandes sonates méconnues. Celle, op. 36 de Gabriel Pierné, dont Grether nous dit qu’elle est nourrie de clairs obscurs, de fulgurances, de frémissements et de miroitements. Autant de qualité que restituent avec tact et sincérité la violoniste française et son pianiste lyonnais, François Dumont. Avant de donner toute sa vérité forte mais joyeuse à la sonate commandée par Ysaÿe au grand chambriste qu’était l’organiste Louis Vierne.

La descendance de Franck est indéniable mais le ton, personnel, impose une intense poésie. »